Éditorial

Ce troisième volume de Cycles sociologiques est le signe de la maturité certaine de ce projet lancé il y a de cela quelques années par des étudiantes et étudiants du département de sociologie de l’Université de Montréal. L’équipe de la revue s’est renouvelée et diversifiée. Les trois cycles du département y sont bien représentés et toutes et tous les membres ont travaillé au service des auteures et auteurs. Rappelons que l’idée derrière ce projet était double. Il s’agit d’abord d’ouvrir un nouvel espace de diffusion des idées, réflexions et analyses d’étudiantes et étudiants en dépassant le cadre des évaluations scolaires. Par le biais de cette revue numérique, les collègues des auteures et auteurs peuvent avoir accès à des articles de qualité produits par leurs pairs, ce qui ne peut qu’avoir un effet stimulant sur leurs propres travaux. Ensuite, nous souhaitions que notre revue serve de tremplin pour les membres de notre communauté étudiante afin de les encourager à publier leurs travaux. C’est d’ailleurs pourquoi cette revue ouvre ses portes aux auteures et auteurs des différents cycles.

Le présent volume compte six articles et un large éventail d’objets d’études sont abordés. Florie Dumas-Kemp livre une analyse des discours déployés dans les médias autour de différentes controverses autour du phénomène du blackface dans des productions culturelles québécoises entre 2013 et 2016. Elle propose une analyse critique basée notamment sur les travaux de Robin DiAngelo et son concept de fragilité blanche. Louis Gauthier-Desmeules se penche sur l’idée wébérienne d’affinité négative entre éthique catholique et esprit du capitalisme en regard de la société et de la sociologie québécoises. Stéphanie Marleau, Romaine Favre, Maria Agustina Goldaracena Paz, Arthur Karagoulian et Christian Ousset présentent une analyse comparative des stratégies marketing de deux supermarchés situés respectivement dans Westmount et Hochelaga-Maisonneuve. Par le biais d’observations et d’entretiens qualitatifs, les auteures et auteurs montrent comme une même chaîne de supermarchés adapte son offre en fonction de la population desservie. Ensuite, Simon Massicotte offre un compte-rendu de l’ouvrage Azan on the Moon : Entangling Modernity along Tadjikistan’s Pamir Highway. Il s’agit d’une enquête ethnographique en profondeur sur la modernité et la vie de populations le long de cette autoroute dans cet État postsoviétique. L’article de Mélissa Moriceau porte sur la distribution et l’organisation du travail au sein de squats en contextes européens. En se basant sur la littérature existante, elle montre comment les squats deviennent des lieux qui favorisent la diffusion artistique. Enfin, Paco Garcia met en lien la problématisation des gangs de rue et des personnes itinérantes à Montréal. Il nous présente comment, depuis les années 1990, ces deux catégories sociales dépeintes comme « déviantes » ont été construites comme problèmes sociaux, et ce, en interrogeant le rôle de différents acteurs étatiques, communautaires et académiques.

En tant que coordonnateur de Cycles sociologiques, je tiens à féliciter personnellement les auteures et auteurs et à remercier les membres de l’équipe de la revue qui ont permis à ce troisième volume de voir le jour.

Mathieu Forcier
Responsable de la coordination